Cédric Herrou relaxé !

Bravo aux avocats Maîtres Zia Oloumi et Sabrina Goldman !

Ce jeudi 14 février 2019, Cédric Herrou avait rendez-vous avec ses deux amours : le Tribunal de Nice, et le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc…

L’année dernière, le préfet des Alpes-Maritimes avait porté plainte contre Cédric suite d’une publication Facebook qu’il jugeait injurieuse : on vous rappelle toute l’histoire ici. De façon très ironique, il avait suffit d’une pauvre petite publication de quelques lignes, likées par quelques dizaines de personnes, pour ENFIN faire se faire confronter les deux personnages : pourtant, depuis 2016, les habitants de la vallée de la Roya interpellait Monsieur le préfet et la préfecture, sans jamais recevoir aucune réponse…! Cela avait donc donné lieu à une audience haute en couleurs le 22 octobre 2017 au Tribunal de Nice : Monsieur le Préfet était venu accompagné du préfet de région, mais aussi d’Alexandra Valetta-Ardisson (député LREM), de nombreux haut-fonctionnaires de la préfecture… Rien que ça ! 

Ce jeudi, malheureusement, le préfet n’était pas là au Tribunal. Pas de préfet, pas de député, pas de haut-fonctionnaires, juste nous. Nous étions pourtant venus avec des fleurs, et de beaux poëmes sur cartons. 

Le verdict est tombé : Cédric est relaxé !!! La justice a considéré que le délit n’était pas caractérisé, autrement dit qu’il n’y avait pas d’injure. Une belle victoire, et une belle preuve que la justice peut encore être indépendante, comme Cédric l’a déclaré sur les marches du Tribunal : « [il faut] continuer à considérer la justice. On peut parfois la critiquer, mais elle a prouvé là son indépendance. Vive la justice indépendante ! 

MERCI à tous pour votre présence, vos petits mots doux, votre soutien !

Cette victoire met du baume au coeur, redonne la patate, mais le combat continue ! Dès le lendemain, ce vendredi 15 février, notre chère police se faisait encore remarquer à la frontière franco-italienne, pour avoir enfoncé la porte des toilettes d’un train en gare de Menton Garavan, et utilisé du gaz lacrymogène pour arrêter trois personnes en migration qui ont finalement été placées en garde à vue…

A très vite pour de nouvelles aventures, 

Toute l’équipe de DTC

Médias

  • France 3 Provence Alpes Côte d’Azur : Relaxe de Cédric Herrou suite à une plainte pour injure publique du Préfet des Alpes Maritimes
  • Le JT d’Azur TVAlpes-Maritimes: Cédric Herrou relaxé

Le droit, arme de solidarité massive ?

Le 31 janvier 2019, Cédric était invité à l’European Lab Winter Forum à Paris avec Jérome Karsenti, avocat de l’association Anticor, et Sophie-Anne Bisiaux du Parlement Européen, pour répondre à la question : « Le droit, arme de solidarité massive ? ». Retrouver l’enregistrement radio ci-dessous :

 

Pour la vidéo, c’est par ici !

Communiqué – délibéré procès Herrou / Préfet des Alpes maritimes le 14/02 à Nice

COMMUNIQUE DE PRESSE – Délibéré le jeudi 14 février 2019, 13h30, Tribunal de Nice
 

Le 12 juin 2017, je publie sur ma page Facebook le message suivant : « Peut-être que le préfet des Alpes maritimes pourrait s’inspirer des accords avec la SNCF pendant la 2e guerre pour le transport des juifs pour gérer le transport des demandeurs d asile … bref « . Ce message ne venait pas de nulle part, mais d’un contexte bien particulier que je rappelle ci-dessous. Cependant, Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, a porté plainte contre moi pour injure publique : la phrase sortie de son contexte, il a compris que j’insinuais qu’il pourrait déporter les demandeurs d’asile pour les exterminer. Cela m’a donc valu un nouveau procès au Tribunal correctionnel de Nice le lundi 22 octobre 2018. Le procureur a requis une amende de 5 000 euros et 1€ de dommages et intérêts pour le préfet. Le délibéré sera rendu jeudi 14 février à 13H30 au Tribunal de Grande Instance de Nice. 

Voici un petit rappel de la situation qui m’a poussé à écrire ce message.

Le 11 juin 2017, plus d’une centaine d’exilés, sont chez moi, à Breil-sur-Roya, afin d’accéder à leurs droits et déposer ainsi une demande d’asile. 

Comme d’habitude, j’informe par email la gendarmerie du village de notre départ pour le lendemain, avec une note particulière au préfet des Alpes-Maritimes, pour lui préciser que le transport doit, selon la loi, être à sa charge. Je ne reçois aucune réponse écrite du préfet mais une réponse physique, et offensive, de sa part : le lendemain matin, l’accès au train pour les demandeurs d’asile est bloqué par la police ferroviaire ainsi que par la gendarmerie mobile, un dispositif jusqu’alors jamais vu en gare de Breil sur Roya. Les demandeurs d’asile ne peuvent accéder à leurs droits.

A ce moment, le 12 juin 2017 à 10h30, je publie sur ma page Facebook Cédric Herrou la fameuse phrase, en d’autres termes : s’inspirer du pire pour faire le meilleur…Mon but était de lancer l’alerte et provoquer un débat public afin que le préfet se penche enfin sur notre vallée, sur notre situation, et nous aide à trouver des solutions adaptées.

Après cela, nous avons dû prendre la route durant 3 jours à travers les montagnes afin de rejoindre Nice à pieds (80km). Partout sur la route, nous avons été accueillis à bras ouverts, les citoyens se sont mobilisés. Enfin les demandeurs d’asile sont arrivés à Nice et se sont inscrits auprès de la PADA (Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile).

Cela fait trois années que les habitants de la vallée de la Roya paient les conséquences d’une gestion catastrophique de la migration dû au rétablissement de la frontière franco-italienne, sous couvert de lutte anti-terroriste. Ni le préfet du département, ni le préfet de région, ni le ministre de l’Intérieur n’ont daigné nous rendre visite pour voir de leur propres yeux des milliers de jeunes exilés marcher le long de nos routes en 2016, des centaines de citoyens tirer leurs rideaux pour cacher leurs hôtes « indésirables », et encore moins comment un simple playsan transforme son terrain en camping accueillant plus de 250 personnes à la fois ! Jamais non plus ils n’ont, bien sûr, justifié ou expliqué la présence policière et militaire démesurée (à l’époque 50 gendarmes mobiles se relayant autour de mon domicile afin de l’observer 24/24, des caméras disposées autour de mon domicile en toute irrégularité), ni eu un commentaire sur l’acharnement judiciaire autour du « délit de solidarité », etc.

Non, non, tout cela n’intéresse pas.

Par contre, je suis très surpris qu’une simple publication Facebook puisse déchaîner tant de passions, et que la situation prenne une telle ampleur. Lors du procès au tribunal de Nice en Octobre, Monsieur le Préfet est venu accompagné d’une trentaine de haut fonctionnaires de l’Etat, mais aussi du Préfet de Région, d’une députée, et a revendiqué avoir le soutien du premier rabbin de France, de la Police Nationale, etc…
 
C’est pourquoi j’ai décidé de prendre ce délibéré avec dérision, puisque ce procès est absurde ! Imaginez vous qu’un préfet s’acharne contre un éleveur de poules… Cela démontre la médiocrité du préfet, et du parquet de Nice donc, quitte à perdre son temps pour un procès ridicule autant s’amuser et surtout faire goûter mon l’huile d’olive sur le parvis du TGI !

Comme dirait Tonton Réglisse « Mets de l’huile !!! Dans la vie faut que ça glisse !!! ».
 
Cédric Herrou, président de l’association DTC – Défends Ta Citoyenneté !
 
[ Toutes les infos sur l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/328507947763738/?ti=cl ]

La Fraternité dans la Constitution

Communiqué de presse de Cédric Herrou suite à la décision du Conseil Constitutionnel de consacrer la fraternité comme principe à valeur constitutionnelle

« Le 6 juillet 2018 restera une date historique. Grâce à notre combat juridique, politique et humanitaire, nous avons persuadé le Conseil Constitutionnel d’intégrer le principe de Fraternité dans la constitution. Pour la première fois dans l’histoire républicaine ce principe qui figure dans la devise de la République impose aux pouvoirs publics de respecter la liberté de chacun d’aider, à titre humanitaire, toute personne y compris des étrangers en situation irrégulière. Jamais plus la solidarité ne pourra être un délit.

Cependant, seule l’aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière sur le territoire reste condamnable.

Je pense très fortement que le Conseil Constitutionnel a été juste dans sa limite. Notre combat ne doit pas se limiter à défendre les aidants mais à défendre en priorité les personnes directement concernées, les migrants eux-mêmes. Pourquoi devrions-nous avoir le droit, nous, Français, de passer des personnes migrantes à la frontière alors qu’elles-mêmes sont empêchées de le faire seules ? Il faut nous battre, non pas pour avoir le droit de faire passer la frontière à des étrangers, mais pour que les étrangers puissent le faire seuls, en toute légalité.

Je rappelle que les contrôles à la frontière ont été rétablis afin de lutter contre le terrorisme et non pour entraver la libre circulation des personnes. Nous devons défendre la libre circulation dans l’espace Schengen et lutter contre l’entrave de la demande d’asile à la frontière. L’État français détourne des procédures à des fins politico-démagogiques, obligeant des personnes à entrer dans la clandestinité. Ne nous trompons pas de combat.

Cependant, je continuerai à répondre de mes actes face à la justice si je dois, pour des raisons humanitaires, faire passer la frontière à une personne en situation irrégulière. La proportionnalité des délits doit être respectée par la justice. Non, je ne laisserai pas un enfant dormir à la rue sans aucune prise en charge parce qu’il est interdit de passer une frontière. Le délaissement de mineur isolé et la non-assistance à personne en danger doit prévaloir face à l’entrée sur le territoire d’étrangers en situation irrégulière. »

Cédric Herrou, président de DTC – Défends ta citoyenneté

Le curseur de l’indignation

En juin 2018, un tweet de Cédric Herrou dénonce les propos d’Eric Ciotti disant qu’il faut renvoyer les 630 rescapés du bateau humanitaire l’Aquarius en Libye, où l’esclavagisme, la torture, la mort, le viol les attendent lui vaut une nouvelle plainte pour diffamation.[i]

En mai 2018, une photographie volée de plusieurs membres de notre association DTC – Défends ta citoyenneté, dont Cédric Herrou, en train de faire un doigt d’honneur à Cannes déchaîne l’extrême droite sur la toile.[ii]

En juin 2017, un tweet de Cédric Herrou établissant un parallèle entre la complicité de la SNCF durant la Seconde Guerre Mondiale pour la déportation des juifs et l’implication de la SNCF actuelle dans le renvoi illégal de demandeurs d’asile en Italie lui vaut une plainte du préfet des Alpes Maritimes pour injure publique.[iii]

Pendant ce temps-là, en France, en Europe, en 2018…

Pendant ce temps-là, des demandeurs d’asile sont toujours refoulés illégalement à nos frontières, sans aucun accès à leurs droits. Pendant ce temps-là, le préfet des Alpes-Maritimes, entre autres[iv], continue d’être condamné pour ces faits.[v] Des demandeurs d’asile, dont des femmes avec des bébés, sont toujours à la rue, sans être hébergés par l’Etat comme l’exige la loi. Pendant ce temps-là, des demandeurs d’asile continuent d’être renvoyés d’un pays à un autre, sous couvert de l’inefficace règlement Dublin.[vi]

Pendant ce temps-là, nos députés et sénateurs français travaillent un projet de loi qui criminalise les demandeurs d’asile, et restreint encore plus le peu de droits auxquels ils n’ont déjà pas accès.[vii]

Pendant ce temps-là, des militants d’extrême droite organisent des rassemblements racistes, mettent des personnes danger de mort, se substituent aux forces de l’ordre en arrêtant eux-mêmes et dénonçant les personnes migrantes sans qu’aucune procédure juridique ne soit engagée contre eux.[viii] Des propos racistes, haineux, sont diffusés en masse sur les réseaux sociaux, sans provoquer le moindre remous, alors que cela est puni par la loi.[ix]

Pendant ce temps-là, des gendarmes, des policiers, des militaires encerclent le domicile de Cédric Herrou pour empêcher les réfugiés de trouver un refuge et d’accéder à leurs droits[x]. Des citoyens sont traînés en justice pour “délit de solidarité”, basé sur un article de loi qui remonte au Gouvernement Daladier, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, adopté dans un contexte de xénophobie et d’antisémitisme…[xi]

Pendant ce temps-là, le contrôle au faciès et la course aux noirs à la frontière est à son paroxysme[xii].  Des documents sont falsifiés par les forces de l’ordre pour empêcher les demandeurs d’asile et les mineurs d’accéder à leurs droits. [xiii] Sans parler des violences perpétuées par les forces de l’ordre à Calais.[xiv]

Pendant ce temps-là, des mineurs isolés sont toujours laissés à leur sort dans nos villes, dont certains sont la proie de réseaux d’esclavagisme moderne dans notre propre pays.[xv] Des enfants sont enfermés tous les jours dans des centres de rétention, leur seule faute étant de ne pas être français.[xvi]

Pendant ce temps-là, des cadavres sont retrouvés à nos frontières, dans nos montagnes à la fonte des neiges, sur nos trains, sur nos routes, dans nos ravins, dans nos fleuves.[xvii]

Pendant ce temps-là, des rescapés de naufrages sont trimballés dans les eaux internationales, sans que l’Etat français réagisse, ravivant un souvenir amer de l’exode de centaines de juifs cherchant refuge en 1939.[xviii]

Pendant ce temps-là, des murs continuent d’être érigés aux 4 coins de l’Europe pour empêcher les réfugiés de rejoindre le continent (le mur Hongrie-Serbie en été 2015, le mur Hongrie-Croatie en septembre 2015, et désormais le mur Turquie-Syrie aujourd’hui). [xix] Certains gouvernements souhaitent créer des camps d’internement, dits « de protection » aux frontières extérieures de l’Europe pour y enfermer les personnes migrantes.[xx]

Pendant ce temps-là, nos gouvernements européens signent des traités avec la Libye[xxi], pour empêcher les réfugiés d’être sauvés en mer, et même directement avec les dictatures que fuient les réfugiés.[xxii]

 

Pendant ce temps-là, notre humanité s’essouffle.

 

Et pourtant…

Des centaines de milliers de Français, et d’Européens s’organisent pour venir en aide aux réfugiés[xxiii]. Des hébergements improvisés naissent tous les jours, l’hébergement citoyen se développe. Une initiative citoyenne européenne, We are welcoming Europe[xxiv], est en cours.

Des instances nationales indépendantes publient régulièrement des rapports plus qu’alarmants sur la situation[xxv].

Des élus prennent parti[xxvi], et tirent la sonnette d’alarme.

Des centaines de pétitions fleurissent de toute part, interrogeant nos valeurs républicaines de fraternité et d’égalité, appelant à l’action[xxvii]. Des dizaines de manifestations, de marches symboliques[xxviii], d’actions sont organisées quotidiennement.

Des centaines d’organisations[xxix], d’experts, des personnalités dénoncent ce capharnaüm saisissant.

Des centaines de romans, de documentaires, de films, de chansons, témoignent d’une réalité brûlante.

 

Aujourd’hui, et plus que jamais, nous sommes indignés. Et nous sommes profondément choqués.

Nous sommes stupéfaits de voir des élus qui ne se rendent pas comptent que l’Histoire se répète.

Nous assumons la provocation comme méthode pour ouvrir les yeux de nos concitoyens et de nos élus, pour dire haut et fort que nous ne valons ni plus ni moins que nos concitoyens de 1940, pour dire que nous ne sommes pas à l’abri de commettre des atrocités semblables. Et nous sommes loin d’être les seuls à le dire.[xxx]

Nous sommes pétrifiés que quelques tweets ou photos dérangeants puissent provoquer indignation forcée et cris d’orfraie, alors que nous faisons face à une réalité historiquement tragique[xxxi].

Cette réalité est complexe, mouvante, et elle n’est pas toujours compréhensible. Ensemble, nous devons la rendre audible et compréhensible.

Nous devons remettre le curseur de l’indignation à sa place.

Indignons-nous, mais pour les bonnes raisons.

 

Texte de l’association DTC – Défends ta Citoyenneté, juin 2018

© Marion Gachet, manifestation pro-européenne à Budapest en Hongrie en mai 2017

 

Pour aller plus loin – éléments de réflexion et sources :

[i] La dernière actualité en date, Eric Ciotti, député LR, porte plainte contre Cédric Herrou pour un tweet : http://www.nicematin.com/faits-de-societe/eric-ciotti-va-porter-plainte-contre-cedric-herrou-apres-ses-propos-impliquant-les-chambres-a-gaz-237945

[ii] Une photo volée tourne sur le net et scandalise l’extrême droite : ce doigt d’honneur n’a pas été fait sur les marches du festival de Cannes, mais dans un cadre privé : https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/19/festival-de-cannes-2018-lextreme-droite-hurle-apres-la-montee-des-marches-de-cedric-herrou_a_23438599/

[iii] Le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, porte plainte contre Cédric Herrou pour « injure publique ». Le procès aura lieu le 22 octobre : https://www.20minutes.fr/justice/2155215-20171020-nice-cedric-herrou-juge-22-octobre-injure-publique-envers-prefet

[iv] « Le tribunal administratif de Lille a enjoint à l’État et à la commune de Calais, de créer, dans des lieux facilement accessibles aux migrants, à l’extérieur du centre ville de Calais, plusieurs dispositifs d’accès à l’eau leur permettant de boire, de se laver et de laver leurs vêtements, ainsi que des latrines, et d’organiser un dispositif adapté, fixe ou mobile, d’accès à des douches selon des modalités qui devront permettre un accès, à fréquence adaptée, des personnes les plus vulnérables. » https://blog.landot-avocats.net/2017/07/31/absence-daccueil-des-migrants-a-calais-le-ce-confirme-ce-matin-lordonnance-du-ta-de-lille/

[v] Le préfet des Alpes-Maritimes a été repris des dizaines de fois par le tribunal administratif de Nice pour grave atteinte au droit d’asile : http://www.liberation.fr/france/2017/09/04/le-prefet-des-alpes-maritimes-de-nouveau-condamne-pour-violation-du-droit-d-asile_1594111

[vi] Le règlement Dublin III dit que les personnes migrantes souhaitant demander l’asile doivent le faire dans leur pays d’arrivée en Europe, soit l’Italie ou la Grèce pour la plupart du temps. Ce système est totalement inefficace, coûteux et provoque de gros dommages psychologiques sur les demandeurs d’asile : https://asile.ch/2018/06/14/francesco-maiani-quelle-reforme-pour-le-systeme-de-dublin/

[vii] De nombreuses associations, experts, juristes se sont érigés contre le projet de loi Asile & Immigration, dont Amnesty International : https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/projet-de-loi-asile-immigration-un-texte-dangereux

– Le Défenseur des Droits : https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/02/22/jacques-toubon-le-demandeur-d-asile-est-maltraite-par-ce-projet-de-loi_5260748_3232.html

– Le rapport de la CNCDH : http://www.cncdh.fr/sites/default/files/180502_cp_pjl_asile_et_immigration_vdef.pdf

[viii] La manifestation raciste de Génération Identitaire au col de l’Echelle en avril 2018 a fait couler beaucoup d’encre. Mais en connaissez-vous les aboutissants et les détails ?

[ix] Il semblerait que de nombreux concitoyens aient oublié que les propos racistes, antisémites et homophobes soient condamnés par la loi en France…

[x] Une trentaine de forces de l’ordre entourent le domicile de Cédric Herrou et de notre association DTC actuellement (et c’était déjà le cas à l’été 2017) https://www.facebook.com/HerrouCedric/posts/1925645111013378

[xi] D’où vient le « délit de solidarité » ? http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2009/04/07/lorigine-du-delit-de-solidarite-aide-a-lentree-et-au-sejour-dun-irregulier/

D’ailleurs, le conseil constitutionnel va bientôt statuer pour savoir si cet article de loi est anti constitutionnel : https://www.lexpress.fr/actualite/societe/migrants-le-conseil-constitutionnel-va-statuer-sur-la-notion-de-fraternite_2007282.html#kTgjVmPTWFVmaHWO.01

[xii] Depuis 2017, Cédric Herrou et les associations locales de la Roya dénoncent une « chasse aux noirs », avec de nombreux migrants africains chassés dans la montagne par les forces de l’ordre, dont certains finissent gravement blessés.

https://rmc.bfmtv.com/emission/cedric-herrou-denonce-une-chasse-aux-noirs-et-des-controles-au-facies-dans-les-alpes-maritimes-1461183.html

[xiii] Les renvois illégaux de mineurs, dénoncés depuis des années par les associations locales, ont été filmés à l’été 2017, par le Collectif Roya Solidaire (ici https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/info-franceinfo-la-france-soupconnee-de-renvoi-illegal-de-migrants-mineurs-vers-l-italie_2271319.html

Au printemps 2018, une visite de députés au poste de la police aux frontières dévoile de nouveaux éléments :

[xiv] A Calais, les conditions de vie indignes des migrants, et les bavures policières, sont dénoncées de toute part par les associations :

[xv] De nombreuses associations parlent de la vulnérabilité des mineurs étrangers isolés, non pris en charge par l’Etat, qui, vivant à la rue, sont la proie des réseaux de trafiquants : http://www.senat.fr/rap/r15-448/r15-4482.html

[xvi] – France : « Enfermer des enfants dans les centres de rétention devrait être interdit » : http://www.infomigrants.net/fr/post/9907/france-enfermer-des-enfants-dans-les-centres-de-retention-devrait-etre-interdit

– L’avis du 14 juin 2018 du Contrôleur général des prisons sur ce sujet : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=1A58128B9EFD7F2C9DA43EBF217DD34E.tplgfr33s_2?cidTexte=JORFTEXT000037058434&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000037057778

– Expliquez-nous… Les condamnations de la France par la CEDH concernant la rétention des enfants : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/expliquez-nous/expliquez-nous-les-condamnations-de-la-france-par-la-cedh-concernant-la-retention-des-enfants_2696280.html

[xvii] Le mois de mai 2018 fut un mois morbide et mortifère… Plusieurs personnes migrantes ont été retrouvées décédées, à Paris, au col de l’Echelle dans les Alpes, en Belgique, sans parler des côtes tunisiennes, et encore et toujours de la Méditerranée, véritable cimetière humain (environ 15 000 morts en 3 ans) :

[xviii] En 1939, l’Amérique ferma sa frontière à un bateau avec 900 réfugiés juifs à son bord… (http://www.slate.fr/story/106249/1939-amerique-refoulait-refugies-juifs). Ce qui rappelle évidemment l’actualité du bateau l’Aquarius (https://www.lemonde.fr/international/article/2018/06/13/sos-mediterranee-denonce-l-inaction-criminelle-de-l-europe_5314245_3210.html)/

[xix] Impossible de trouver aucune info dans nos journaux classiques. Incroyable, n’est-ce pas ? http://www.kedistan.net/2018/06/11/turquie-mur-de-honte-frontieres/

[xx] En juin 2018, un nouveau partenariat naît entre Berlin, Vienne et Rome pour lutter contre « l’immigration illégale », où s’affiche clairement une volonté d’externaliser les migrants aux frontières externes de l’Europe : http://www.france24.com/fr/20180614-allemagne-italie-autriche-axe-lutte-contre-immigration-illegale-merkel-kurz

[xxi] Les associations dénoncent depuis des années ce qu’il se passe en Libye (esclavagisme, torture, trafic d’êtres humains, viols, etc.). Mais c’est un reportage américain sur la chaîne CNN qui a dévoilé la situation actuelle, et qui a bouleversé l’Europe…pour un temps.

[xxii] Le Secrétaire d’État belge à l’Asile et à la Migration Theo Francken créé la controverse :  https://www.courrierinternational.com/article/europe-pour-trier-ses-migrants-la-belgique-collabore-avec-le-regime-soudanais

[xxiii] Des milliers d’associations d’aide aux personnes migrantes se réunissent en France au sein des Etats Généraux de la Migration pour construire une politique d’accueil différente : https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/05/26/etats-generaux-des-migrations-les-associations-poussees-a-jouer-collectif_5305004_1654200.html

[xxiv] L’initiative citoyenne européenne permet à un million de citoyens européens d’appeler la Commission européenne à légiférer sur un sujet donné : pour signer la pétition, c’est par ici (https://www.weareawelcomingeurope.eu/fr/)

[xxv] Elu meilleur rapport de l’année 2018 ! Au menu : contrôle au faciès, détournements de procédure, renvois illégaux, violences policières, mauvaises conditions de rétention, atteinte au droit d’asile, etc. : http://www.cglpl.fr/2018/rapport-de-la-deuxieme-visite-des-services-de-la-police-aux-frontieres-de-menton-alpes-maritimes/

[xxvi]         – Le maire de Grande Synthe, très connu pour son engagement, a notamment organisé la Convention nationale sur l’accueil et la migration (http://convention-accueil-grande-synthe.fr/)

[xxvii] – Tribune Egalité, Fraternité de notre association :  https://www.change.org/p/dtc-d%C3%A9fends-ta-citoyennet%C3%A9-egalit%C3%A9-fraternit%C3%A9-2?recruiter=879185393&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition&utm_term=psf_combo_share_initial

– Contre la loi Asile & immigration https://www.change.org/p/votre-soutien-peut-encore-tout-changer-il-faut-rejeter-la-loi-asile-et-immigration & https://www.change.org/p/parlementaires-opposez-vous-au-projet-de-loi-asile-et-immigration

– Pour l’accueil citoyen : https://www.change.org/p/solidarit%C3%A9aveclesr%C3%A9fugi%C3%A9s-accueillons-les-dans-nos-communes

– L’appel de 100 personnalités pour une fraternité nationale et universelle : https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/tribune-100-personnalites-lancent-un-appel-pour-une-fraternite-nationale-et-universelle-5760191

– « Osons la fraternité »: l’appel de 30 écrivains et intellectuels pour les migrants : http://www.europe1.fr/societe/osons-la-fraternite-lappel-de-30-ecrivains-et-intellectuels-pour-les-migrants-3656615

[xxviii] La plus grande manifestation pour revendiquer l’accueil des migrants a été organisée à Barcelone en 2017 : https://www.courrierinternational.com/une/espagne-nous-voulons-des-refugies

En ce moment en France a lieu « La marche solidaire et citoyenne » de L’Auberge des Migrants, qui va de Vintimille à Londres : https://www.laubergedesmigrants.fr/fr/la-marche-citoyenne/

[xxix] Une carte interactive des associations agissant en faveur des migrants – et il en manque plein !! https://sursaut-citoyen.org/

[xxx] – Vidéo UNICEF faisant le parallèle entre un réfugié syrien et un réfugié de la Seconde Guerre Mondiale: https://www.youtube.com/watch?v=a3YUalRPZTQ

– Campagne d’affichage en Belgique #pasenmonnom sur les citoyens cachant les migrants de rafles… https://www.courrierinternational.com/article/en-belgique-une-campagne-coup-de-poing-pour-denoncer-la-politique-migratoire

[xxxi] La magnifique tribune de Christiane Taubira sur la tragédie de l’Aquarius mise en perspective dans l’Histoire : https://www.lejdd.fr/politique/aquarius-le-jaccuse-de-christiane-taubira-3684224?Echobox=1529236764

Tribune Egalité, Fraternité

Vous aussi signez la tribune ici 

Le samedi 21 avril 2018, quelques dizaines de militants du mouvement extrémiste “Génération identitaire” se retrouvent au Col de l’Echelle dans les Alpes avec pour objectif de bloquer l’arrivée des personnes migrantes et de les renvoyer vers l’Italie, quitte à les mettre en danger. Ils déploient des banderoles haineuses, et matérialisent symboliquement la frontière avec une barrière de chantier. Ils s’instaurent en milice, dont les slogans et motivations sont clairement racistes. Nous rappelons que les provocations publiques à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale constituent un délit (Art. 24 alinéa 6 loi 1881) punissable d’un an d’emprisonnement et/ou amende de 45 000 € au plus. Les forces de l’ordre ne sont pas intervenues pour mettre fin à cette action, considérant donc, implicitement, cette manifestation comme tout à fait légale. Le Ministre de l’Intérieur lui-même a d’ailleurs minoré ces faits en les qualifiant de « gesticulation ».

En réaction à cela, plus de 160 personnes solidaires ont fait un cortège spontané pour passer la frontière avec des personnes migrantes. Contrairement aux identitaires, les solidaires se sont heurtés à un cordon de gendarmes, qui ont finalement laissé la manifestation avoir lieu. Quelques heures plus tard, alors que le cortège est fini depuis longtemps, trois jeunes gens qui en faisaient partie, Bastien et Théo, deux suisses, et Eleonora, une italienne, ont été arrêtés et placés en garde à vue. Ils sont restés en détention provisoire à la maison d’arrêt des Baumettes à Marseille pendant 9 jours avant d’avoir été libérés le 3 mai. Ils sont aujourd’hui poursuivis pour “aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière en bande organisée”, ils encourent une peine allant jusqu’à 10 ans de prison et 750.000 euros d’amende, assortie d’une interdiction de pénétrer sur le territoire français.

Bastien, Théo et Eleonora s’ajoutent à la longue liste de ceux que les médias ont appelé « délinquants solidaires » : Pierre-Alain, Francesca, René, Dan, Sylvain, Françoise, Raphaël, Martine, Cédric… Tous condamnés selon l’article L.622-1 et L.622-4 du CESEDA, communément appelé le « délit de solidarité ». Cet article qui a d’ailleurs été légèrement modifié par l’assemblée nationale française le lendemain des faits relatés ci-dessus, lors de l’adoption du controversé projet de loi Asile & Immigration en première lecture.

L’aide à la circulation ou au séjour irrégulier pourrait ne plus donner lieu à des poursuites pénales si « l’acte reproché a consisté à fournir des conseils et de l’accompagnement, […] des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci, ou bien tout transport directement lié à l’une de ces exceptions, sauf si l’acte a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte ou a été accompli dans un but lucratif. »

Force est de constater que la preuve repose sur le simple citoyen et non pas sur le parquet, et la notion de “contrepartie directe ou indirecte” est suffisamment floue pour permettre des poursuites pénales sur des prétendues contreparties alors que l’action n’est dictée par le seul souci d’humanité et mue par la mise en oeuvre de la fraternité, devise de la République. Rappelons, par exemple que la cour d’appel d’Aix en Provence a reproché à Cédric Herrou une « contrepartie militante ». C’est pourquoi cette modification est inutile, et hypocrite.

Nous rappelons que la demande d’asile à la frontière est un droit fondamental très souvent bafoué par l’État français, créant des situations complexes, avec des personnes qui n’ont effectivement pas accès à leurs droits, et qui sont considérées «en situation irrégulière». Des citoyens se trouvent confrontés à cette réalité, décident de les aider, et réagissent pour beaucoup impulsivement. Ils sont poursuivis pour aide à l’entrée, au séjour et à la circulation de personnes en «situation irrégulière», termes d’une froideur déshumanisante qui invitent à considérer les personnes migrantes dépossédées de leurs droits comme des sous-hommes… Avant d’agir pour assurer la dignité de la personne en face de soi, il faudrait l’interroger sur sa situation administrative, alors même que ce contrôle ne relève pas du citoyen.

Aussi, s’il devient dangereux, illégal, d’aider ces «sous-hommes», alors que devient notre devise républicaine, et que deviennent nos valeurs égalité et fraternité?

Nous, citoyens de la République française, déclarons avoir déjà aidé, que nous aidons actuellement, et que nous aiderons à l’avenir toute personne migrante dans le besoin, même en situation irrégulière, au nom des valeurs d’ÉGALITÉ et de FRATERNITÉ inscrites dans notre devise nationale, qui est le socle de notre République.

Cédric Herrou, président de DTC – Défends Ta Citoyenneté

Premiers signataires :
Agnès Jaoui, Cinéaste, Comédienne
Alice de Poncheville, Scenariste, Ecrivaine
Alice Diop, Cinéaste
Anne Vellay, Médecin
Annie Ernaux, Ecrivaine
Arié Mandelbaum, Peintre
Arno Bertina, Ecrivain
Audrey Estrogou, Cinéaste
Benoit Hamon, Homme politique
Bernard Pagès, Sculpteur
Bertrand Tavernier, Cinéaste
Bevinda, Chanteuse
Bruno Caliciuri (CALI), Chanteur
Bruno Solo, Acteur
Médecins du Monde
Carmen Castillo, Ecrivaine, cinéaste
Catherine Corsini, Cinéaste
Catherine Withol de Wenden, Chercheuse au CNRS
Celhia de Lavarène, Journaliste
Céline Chapdaniel, Productrice
Christian Guémy (C215), Street artiste
Christian Olivier (Têtes Raides), Chanteur
Christophe Ruggia, Cinéaste
Claire Simon, Cinéaste
Colin Lemoine, Historien de l’art
Costa-Gavras, Cinéaste
Cyril Celestin (Guizmo du groupe Tryo), Chanteur
Didier Bezace Acteur, metteur en scène
Didier Super Humoriste, chanteur
Dominique Cabrera, Cinéaste
Edmond Baudoin, Auteur et dessinateur de BD
Eliette Abecassis Femme de lettres, scénariste
Elisabeth Perceval, Cinéaste
Emmanuel Finkiel, Cinéaste
Eric Bellion, Navigateur
Eric Fassin, Sociologue
Erick Zonca, Cinéaste
Ernest Pignon Ernest, Artiste plasticien
Etienne Balibar, Philosophe
Farida Rahouadj, Actrice
François Flahault, Directeur de recherche émérite au CNRS
François Gèze, Éditeur
François Morel, Cinéaste
Françoise Vergès, Politologue
Fred Vargas, Ecrivaine
Frédéric Lordon, Économiste
Geneviève Brisac, Ecrivaine
Geneviève Garrigos, Ancienne présidente d’Amnesty international
Gérard Krawczyk, Cinéaste
Gérard Mordillat, Romancier et cinéaste
Gilles Perret, Documentariste
Guillaume Meurice, Humoriste et chroniqueur radio
Guy Baudon, Documentariste
Henri Leclerc, Avocat
Imhotep du groupe IAM, Compositeur
Ingrid Metton, Avocate
Ingrid Thobois, Écrivaine
Jalil Lespert, Acteur
Jean-Michel Ribes, Comédien
JMG Le Clezio, Ecrivain
Jonathan Zaccai, Réalisateur
José Bové, Député européen
Joseph Beauregard, Auteur, documentariste
Josiane Balasko, Comédienne, cinéaste
Juliette Binoche, Comédienne
Juliette Kahane, Ecrivaine
Kaddour Hadadi (HK), Chanteur
Kéthévane Davrichewy, Ecrivaine
Laurence Côte, Actrice
Laurent Cantet, Cinéaste
Les Ogres de Barback, Groupe de musique
Lilian Thuram, Président de la Fondation Education contre le racisme
Lou de Fanget Signolet, Scénariste
Lucas Belvaux, Comédien
Magyd Cherfi, Chanteur
Mariana Otero, Cinéaste
Marianne Chaud, Ethnologue, cinéaste
Marie Darrieussecq, Ecrivaine
Marie Hélène Lafon, Ecrivaine
Marie Payen, Actrice
Marie-Christine Vergiat, Députée européenne
Mark Melki, Photographe
Martine Voyeux, Photographe
Maryline Desbiolles, Ecrivaine
Michel Agier, Anthropologue
Michel Broué, Mathématicien
Michel Toesca, Cinéaste
Michèle Ray Gavras, Productrice
Natacha Régnier, Actrice
Nicolas Bancel, Professeur ordinaire à l’université de Lausanne / CRHIM
Nicolas Bouchaud, Comédien
Nicolas Klotz, Cinéaste
Nicolas Philibert, Cinéaste
Nicolas Sirkis (Indochine), Chanteur
Pascal Blanchard, Historien
Pascale Dollfus, Anthropologue, CNRS
Patrick Pelloux, Syndicaliste / écrivain
Philippe Claudel, Ecrivain
Philippe Faucon, Cinéaste
Philippe Poutou, Ouvrier, syndicaliste
Philippe Torreton, Comédien
Pierre Grosz, Auteur
Pierre Lemaitre, Ecrivain
Pierre Salvadori, Cinéaste
Pierre Schoeller, Cinéaste
Rachid Oujdi, Réalisateur
Rachida Brakni, Comédienne
Raphaël Glucksmann, Essayiste
Rithy Panh, Cinéaste
Robert Guédiguian, Cinéaste
Robin Campillo, Cinéaste
Rokhaya Diallo, Journaliste et réalisatrice
Sam Karmann, Comédien, Réalisateur
Samuel Le Bihan, Acteur
Sophie Adriansen, Ecrivaine
Valérie Rodrigue, Ecrivaine
Vincent Fillola, Avocat, président d’Avocats Sans Frontières
William Karel, Cinéaste
Yvan le Bolloc’h, Acteur
Yves Cusset, Philosophe
Daniel Pennac, Ecrivain

Tribune publiée dans le journal Le Monde du 30 mai

Lien de la tribune dans le Monde: 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/05/30/nous-avons-aide-nous-aidons-et-aiderons-toute-personne-migrante-dans-le-besoin_5306846_3232.htmlk

Pour signer la pétition, c’est par ici !

Interview de Benoit Hamon, signataire de la tribune, au micro de Léa Salamé : 

« Quelle image de nous-mêmes cette attitude vis à vis migrants, qui est celle de la France, renvoie-t-elle ? A mes yeux celle d’un peuple craintif, d’une nation faible, et au fond je crois d’une république qui ne croit plus du tout en la force de ses valeurs. « 

Retour sur la table ronde Gestion migratoire, quelles conséquences dans 20 ans ?

Retour sur la table-ronde de dimanche avec Rokhaya Diallo, Eric Fassin, Morgane Dujmovic, Mireille Damiano, Omar Guerrero, et Cédric Herrou !

 Nous étions plus de 100 personnes au camping de Cédric Herrou ce dimanche !

La table ronde a été vue plus de 9000 fois sur internet, et les événements de rediffusion dans 12 villes de France ont rassemblé plus de 300 personnes !

Nous avons reçu de nombreux messages de soutien et de remerciements quant à la qualité des interventions, ça fait chaud au cœur ! Si l’avenir nous réserve de nombreuses surprises, et pas forcément les plus roses, la société civile est mobilisée comme jamais !

MERCI aux intervenants, aux bénévoles, au public, aux associations, et à tous ceux qui ont participé à la réussite de cet événement ! 

Pour ceux qui n’ont pas pu la voir, la table-ronde est toujours disponible ici sur Youtube !

Table ronde DTC – rediffusions dans plusieurs villes de France !

J – 7  avant la table-ronde “Gestion migratoire : quelles conséquences dans 20 ans?” avec Rokhaya Diallo, Eric Fassin, Morgane Dujmovic, Mireille Damiano, Omar Guerrero et Cédric Herrou !

Nous sommes heureux de vous annoncer que plusieurs associations et collectifs se sont organisés pour re diffuser la table-ronde en direct dans leurs villes. Voici les événements programmés :

  • À Montpellier, au cinéma Utopia (5 Avenue du Dr Pezet), goûter échanges après la rediffusion : événement Facebook ici
  • À Bayonne, par l’association Bizi à la Fondation Manu Robles-Arangiz (20, rue des Cordeliers), repas partagé à partir de 13h.
  • À Poitiers, par l’association Passaro, antenne de Refugee Help Sciences Po, aux Salons de Blossac (9 rue de la Tranchée) : événement Facebook ici
  • À Avignon, par les associations RESF 84 et 100 pour 1 au Théâtre de Rotonde, Centre culturel des cheminots (rue Jean Catelas).
Nous actualiserons la liste en fonction des événements organisés dans différentes villes !
 

Pour venir assister à la conférence à Breil sur Roya (06), les inscriptions sont obligatoires sur ce lien !

A très vite,

L’équipe de DTC

Table ronde : Gestion de la crise migratoire : quelles conséquences dans 20 ans ?

Table ronde chez Cédric Herrou,

le dimanche 15 Avril 2018 15h – 17h

Le dimanche 15 avril de 15h à 17h, nous organisons notre première table-ronde, diffusée en live sur notre page Facebook ainsi que sur notre site www.defendstacitoyennete.fr/

Ensemble, nous interrogerons les pratiques actuelles du gouvernement, notamment le nouveau projet de loi Asile & Immigration, ainsi que les pratiques européennes (Dublin) et les conséquences de ces pratiques sur le long terme.

Nous discuterons des conséquences sur nos sociétés, et particulièrement sur les demandeurs d’asile, qui en font les frais.

Nous parlerons aussi des mineurs étrangers isolés, problématique brûlante quand on évoque l’avenir.

Quel avenir leur offrons-nous ? Entre solidarité populaire et dérive populiste, quelle société sommes-nous en train de construire ?

Pour cet événement, nous avons invité des spécialistes, afin que chacun nous livre sa vision de cette problématique :

▪ Rokhaya Diallo, journaliste et militante anti-racisme,

▪ Eric Fassin, sociologue et professeur à Paris VIII

▪ Omar Guerrero, psychologue au Centre Primo Levi

▪ Morgane Dujmovic, géographe et membre du réseau Migreurop

▪ Mireille Damiano, avocate spécialisée en droit des enfants

▪ Cédric Herrou, agriculteur et président de DTC

La table ronde sera suivie d’un concert des groupes JUGA et Normandie Bast jusqu’à 22h environ !

 

ERRATUM : Edwy Plenel a du annuler sa venue ]

 

Vous voulez..

1) Assister à la table ronde à Breil sur Roya ?

La table ronde aura lieu au campement DTC, chez Cédric Herrou, à Breil sur Roya. Le public est limité à 100 places, en priorité pour les habitants de la vallée. Les inscriptions sont obligatoires, voici le lien de la billetterie.
 
 
 

2) Organisez une retransmission de la table ronde dans votre ville ?

De nombreuses retransmissions de notre table ronde s’organisent partout en France, grâce à l’initiative de citoyens solidaires. La table ronde sera donc rediffusée en direct, ou en différé, dans de nombreuses villes : Lyon, Montpellier, Bayonne, Poitiers, Saint Etienne, Annecy, Pau, Toulon, Aix en Provence, Angoulême… Nous vous tiendrons informés quand tout sera définitivement calé.

Vous aussi, organisez une retransmission de la table ronde dans votre ville ! Il vous suffit d’une salle, d’un vidéo-projecteur et d’une bonne connexion internet. Envoyez-nous un message ici si vous organisez une retransmission.

Vous trouverez ici la liste des villes qui organisent déjà une rediffusion (Paris, Montpellier, Lyon, Bayonne, etc.)

Encore une fois, le préfet avait tort : l’équipe DTC témoigne

« Du coup on dort ou pas ? » Voilà la question qu’on s’est posée samedi soir, alors qu’il fallait qu’on soit quelques heures plus tard à la frontière, à Menton, quand le premier train Vintimille-Nice arriverait en gare à 5h pile du matin.

Voilà comment on a vécu ce weekend du 17-18 Février, qui a abouti, grâce à la motivation de dizaines de bénévoles et d’avocats, à une nouvelle condamnation des pratiques du Préfet des Alpes Maritimes pour « atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».

Cela faisait plusieurs mois déjà que l’Anafé et la CAFFIM organisaient ce weekend. Un weekend où des observateurs bénévoles, des avocats français et italiens, ont pu être témoins de ce qu’il se passe à la frontière franco-italienne, afin de défendre les personnes victimes des irrégularités de l’Etat.

Ce que nous avons tous vu, nous le savions déjà, et le dénoncions depuis des années :  des gens de tous âges, des familles, qui essaient de passer la frontière pour venir en France. Et qui se font systématiquement attraper, sortir du train car ils ne sont pas blancs, qui sont emmenés au poste de la police aux frontières, qui sont gardés parfois de très longues heures, parfois toute une nuit, et qui sont triés selon leur âge, puis toujours renvoyés en Italie. Les majeurs sont renvoyés à pied, tandis que les mineurs sont reconduits en Italie par le train. Parce qu’on veut leur épargner les 10km de marche ? Non non, parce que les autorités italiennes refusent de reprendre un mineur que la France doit prendre en charge. Alors il faut les reconduire de façon dissimulée. Et si on les remet dans un train qui va uniquement en Italie, c’est très pratique.

Bref, on s’est retrouvés à 5h du matin à Menton et on s’est répartis les deux lieux importants de la ville : la gare de Menton Garavan, et le poste de police aux frontières. Menton Garavan, c’est la première gare française, sur la ligne ter Vintimille-Nice. C’est par là que passent tous ceux qui tentent leur chance par le train. Et on a commencé à observer : compter le nombre de gens qui se font sortir du train, noter tous les détails possibles. Identifier ceux qui se font emmener au poste de police, ceux qui reviennent et que les CRS contraignent à remonter dans un train en direction de l’Italie, puis ceux qui ne reviennent pas. Ceux qui ont un papier de la police, et ceux qui n’en ont pas. Ceux qui se font fouiller leur sac, ceux qui semblent plus faibles que les autres. On a même vu des gens qui se sont faits reconduire en Italie et qui ont retenté leur chance une heure après.

Ceux qui se font reconduire en train, ce sont les mineurs isolés. La police française ne peut pas les reconduire en Italie selon la même procédure que pour les majeurs.

La procédure à respecter pour les personnes majeures c’est quoi ? C’est d’emmener au poste de la Police aux Frontières, celles qui n’ont pas de visa pour la France, puis de leur demander pourquoi elles sont là, de les informer de la possibilité de demander l’asile en France, de demander un avocat, de réfléchir pendant un jour en zone d’attente (à l’aéroport de Nice), ou de décider de repartir en Italie. Et la loi prévoit que tout cela leur soit expliqué dans une langue qu’ils peuvent comprendre.

Evidemment, cette procédure n’est pas respectée. Les gens n’ont pas droit à ces informations, ni à un avocat, ni à décider de quoi que ce soit. On leur prend leur nom, leur âge et on leur donne un papier qui dit qu’on leur refuse l’entrée sur le territoire français.

La procédure pour les mineurs isolés, c’est différent. Car la France a le devoir de protéger un enfant isolé qui est présent sur son territoire. Eux, on ne peut pas leur demander de choisir, car ils sont mineurs et qu’ils ont besoin d’aide pour décider. Pour eux, il faut appeler un administrateur Ad hoc, qui leur expliquera qu’ils peuvent soit rester en France et être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, soit qu’ils peuvent repartir en Italie. C’est pourquoi ces jeunes ne peuvent pas signer sur le refus d’entrée qu’ils « veulent repartir le plus vite possible en Italie ». Non, on n’a pas le droit de leur demander de décider seuls de ça. On a donc encore moins le droit de cocher pour eux cette case, et de les mettre dans un train de force.

Nous, on a juste observé pendant quelques heures, puis d’autres observateurs nous ont relayés. Pendant ce temps, les avocats français et italiens recevaient les gens qui s’étaient fait reconduire en Italie, ils ont écouté leurs témoignages et ont pu pour 19 mineurs, réaliser des dossiers pour les défendre en référé-liberté.

En tout, sur deux jours, on a pu observer plus de 100 personnes reconduites en Italie, dont 36 personnes qui sont restées enfermées pendant toute la nuit afin d’être reconduites par la suite. Majeurs et mineurs confondus. Suivant des procédures non réglementaires.

C’est pour ça que ça nous énerve un peu, quand le préfet se vante en « bon père de famille » d’avoir pris en charge dans la région 517 mineurs non accompagnés en 1 an. Forcément, on n’a pas le nombre de ceux qui ont été reconduits en Italie, car il n’y a pas de chiffres. Ben non, puisque c’est illégal. Mais nous on a vu qu’en seulement 2 jours, en plein hiver, il y en a plus de 20 qui ont été refoulés illégalement. Cet été, c’était probablement une centaine par jour.

Ces deux jours d’observation terminés, ce sont les avocats qui ont eu du boulot. Une vingtaine d’avocats, venant de la France entière et d’Italie (Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nice, Gènes, Milan, Turin) qui ont travaillé tous ensemble et se sont répartis les dossiers, pour que tous soient déposés au même moment au Tribunal Administratif de Nice, et qu’ils puissent être plaidés en urgence. Des avocats qui travaillent ensemble, on peut vous dire que c’est plutôt marrant, parce qu’il y en a toujours un qui va chipoter, qui trouve quelque chose à redire. Et c’est aussi vraiment rare, mais nous on a trouvé ça vraiment beau.

Mercredi 21 Février, à 10h, a eu lieu l’audience. Le préfet était là, c’était la première fois qu’on le rencontrait. Il s’est défendu seul, sans avocat. Il a remis en question la minorité des enfants, sous le prétexte qu’ils n’avaient pas de papiers d’identité pour le prouver. Il a démenti les propos du chef de la police qui affirmait que les personnes étaient enfermées en moyenne pendant 7 heures. Il a prétendu que l’algéco dans lequel les personnes passent la nuit avant d’être reconduites en Italie n’était pas un lieu de privation de liberté. Si les personnes ne sont pas autorisées à en sortir, qu’est ce donc sinon une privation de liberté ? Il a dit évidemment qu’il n’y avait pas d’irrégularités dans les procédures. Il a affirmé que les officiers de police menaient des entretiens approfondis et individualisés pour chaque mineur isolé, alors que nous sommes témoins que les mineurs restent souvent devant le poste de police, ou alors s’ils y entrent c’est en groupe pendant 5 minutes tout au plus, pendant que leur refus d’entrée est rédigé à l’intérieur du poste de police, et leur est remis ensuite sans demande de signature.

Puis le verdict est tombé le vendredi soir. La justice a tranché pour la 4ème fois en faveur des demandeurs d’asile. Encore une fois, le préfet avait tort. Encore une fois, on a pointé du doigt que les droits des mineurs à la frontière franco-italienne ne sont pas respectés. En bas de chez nous, sous nos yeux, avec nos impôts, des enfants seuls qui ont fui leur pays se sont retrouvés face à des policiers qui les ont sortis d’un train puis remis dans un autre. En toute illégalité.