Communiqué – délibéré procès Herrou / Préfet des Alpes maritimes le 14/02 à Nice

Communiqué – délibéré procès Herrou / Préfet des Alpes maritimes le 14/02 à Nice

COMMUNIQUE DE PRESSE – Délibéré le jeudi 14 février 2019, 13h30, Tribunal de Nice
 

Le 12 juin 2017, je publie sur ma page Facebook le message suivant : « Peut-être que le préfet des Alpes maritimes pourrait s’inspirer des accords avec la SNCF pendant la 2e guerre pour le transport des juifs pour gérer le transport des demandeurs d asile … bref « . Ce message ne venait pas de nulle part, mais d’un contexte bien particulier que je rappelle ci-dessous. Cependant, Monsieur le Préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, a porté plainte contre moi pour injure publique : la phrase sortie de son contexte, il a compris que j’insinuais qu’il pourrait déporter les demandeurs d’asile pour les exterminer. Cela m’a donc valu un nouveau procès au Tribunal correctionnel de Nice le lundi 22 octobre 2018. Le procureur a requis une amende de 5 000 euros et 1€ de dommages et intérêts pour le préfet. Le délibéré sera rendu jeudi 14 février à 13H30 au Tribunal de Grande Instance de Nice. 

Voici un petit rappel de la situation qui m’a poussé à écrire ce message.

Le 11 juin 2017, plus d’une centaine d’exilés, sont chez moi, à Breil-sur-Roya, afin d’accéder à leurs droits et déposer ainsi une demande d’asile. 

Comme d’habitude, j’informe par email la gendarmerie du village de notre départ pour le lendemain, avec une note particulière au préfet des Alpes-Maritimes, pour lui préciser que le transport doit, selon la loi, être à sa charge. Je ne reçois aucune réponse écrite du préfet mais une réponse physique, et offensive, de sa part : le lendemain matin, l’accès au train pour les demandeurs d’asile est bloqué par la police ferroviaire ainsi que par la gendarmerie mobile, un dispositif jusqu’alors jamais vu en gare de Breil sur Roya. Les demandeurs d’asile ne peuvent accéder à leurs droits.

A ce moment, le 12 juin 2017 à 10h30, je publie sur ma page Facebook Cédric Herrou la fameuse phrase, en d’autres termes : s’inspirer du pire pour faire le meilleur…Mon but était de lancer l’alerte et provoquer un débat public afin que le préfet se penche enfin sur notre vallée, sur notre situation, et nous aide à trouver des solutions adaptées.

Après cela, nous avons dû prendre la route durant 3 jours à travers les montagnes afin de rejoindre Nice à pieds (80km). Partout sur la route, nous avons été accueillis à bras ouverts, les citoyens se sont mobilisés. Enfin les demandeurs d’asile sont arrivés à Nice et se sont inscrits auprès de la PADA (Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile).

Cela fait trois années que les habitants de la vallée de la Roya paient les conséquences d’une gestion catastrophique de la migration dû au rétablissement de la frontière franco-italienne, sous couvert de lutte anti-terroriste. Ni le préfet du département, ni le préfet de région, ni le ministre de l’Intérieur n’ont daigné nous rendre visite pour voir de leur propres yeux des milliers de jeunes exilés marcher le long de nos routes en 2016, des centaines de citoyens tirer leurs rideaux pour cacher leurs hôtes « indésirables », et encore moins comment un simple playsan transforme son terrain en camping accueillant plus de 250 personnes à la fois ! Jamais non plus ils n’ont, bien sûr, justifié ou expliqué la présence policière et militaire démesurée (à l’époque 50 gendarmes mobiles se relayant autour de mon domicile afin de l’observer 24/24, des caméras disposées autour de mon domicile en toute irrégularité), ni eu un commentaire sur l’acharnement judiciaire autour du « délit de solidarité », etc.

Non, non, tout cela n’intéresse pas.

Par contre, je suis très surpris qu’une simple publication Facebook puisse déchaîner tant de passions, et que la situation prenne une telle ampleur. Lors du procès au tribunal de Nice en Octobre, Monsieur le Préfet est venu accompagné d’une trentaine de haut fonctionnaires de l’Etat, mais aussi du Préfet de Région, d’une députée, et a revendiqué avoir le soutien du premier rabbin de France, de la Police Nationale, etc…
 
C’est pourquoi j’ai décidé de prendre ce délibéré avec dérision, puisque ce procès est absurde ! Imaginez vous qu’un préfet s’acharne contre un éleveur de poules… Cela démontre la médiocrité du préfet, et du parquet de Nice donc, quitte à perdre son temps pour un procès ridicule autant s’amuser et surtout faire goûter mon l’huile d’olive sur le parvis du TGI !

Comme dirait Tonton Réglisse « Mets de l’huile !!! Dans la vie faut que ça glisse !!! ».
 
Cédric Herrou, président de l’association DTC – Défends Ta Citoyenneté !
 
[ Toutes les infos sur l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/328507947763738/?ti=cl ]