Portraits de bénévoles

Notre association DTC ne pourrait jamais être ce qu'elle est sans l'aide précieuse de personnes venues de partout en France, qu'on appelle trivialement les "bénévoles"... Mais ils sont bien plus que ça ! Responsables de camping, régisseurs, logisticiens, travailleurs sociaux, taxis, chefs de chantiers, jardiniers, cuisiniers, communiquants parfois même psy et animateurs de colo... ils portent toutes les casquettes, se démènent nuit et jour, bref ils sont géniaux, les voici les voilà !

Charlène Joyeux

Bénévole DTC en juin 2018

« Tout a commencé grâce à un article qui décrivait l’action du groupe « génération identitaire » au col de l’Echelle dans les Hautes Alpes en avril 2018. Le fait que les autorités laissent agir des particuliers de la sorte m’a interpellée… Suite à plusieurs recherches sur internet je suis arrivée sur des articles de presse parlant de Cédric et de ses actions. Je me suis donc décidée à l’appeler et à me confronter à la réalité du terrain via une période de bénévolat au sein de l’association DTC. Durant cette période de bénévolat j’ai pu écouter le récit de certains, ce qui a motivé leur départ, les galères qu’ils ont du traverser avant d’arriver en France et de pouvoir faire une demande d’asile. J’ai également été confrontée à la violence des institutions ainsi que la violence de certains gendarmes mobiles. J’ai appris que l’on ne peut pas être « pour » ou « contre » les migrants, et qu’il serait plutôt judicieux que l’état prenne ses responsabilités et que les demandeurs d’asile soient réellement pris en charge, dans de bonnes conditions. Suite à cette période de bénévolat qui a été pour moi très enrichissante mais aussi très bouleversante, je souhaite reprendre des études d’éducateur spécialisé afin de pouvoir un jour ouvrir un lieu de vie afin de pouvoir y accueillir des mineurs isolés. Merci à toute l’équipe de DTC ! »

Bernard Martin Mourey

Bénévole DTC en juillet 2018

« Mars 2016, je rentre de 10 jours à Gênes où j’avais déjà été marqué par le nombre de migrants mineurs rencontrés dans la rue. Dans le train bloqué à la frontière, autour de minuit et pendant plus d’une heure, une véritable rafle de toute personne à la peau sombre. Regroupées sur le quai, encadrées sans ménagement par des gendarmes en armes. Honte, impuissance, me promets d’accélérer mon soutien à une association de la vallée (je suis l’actualité de La Roya et les aléas juridiques de Cédric à partir des réseaux). Pas de gros moyens financiers, et il y a tant de causes… je mobilise mes réseaux professionnels . Fin avril, je rentre d’un séjour à Turin (je séjourne beaucoup en Italie pour des raisons professionnelles), via Cunéo et la vallée, éberlué par le dispositif répressif déployé sur les quais et les contrôles au faciès. Promesse de m’impliquer plus dès lors que la retraite me le permettra. Juin 2018, vente aux enchères de peintures et dont je vous apporte les fruits. La semaine passée parmi vous – premier acte d’engagement du retraité – a été éprouvante (j’ai réalisé mes 65 ans) et très enseignante, j’ai énormément appris. Depuis l’automne 2018, j’héberge un mineur, enregistré dans l’espace Schengen sous deux identités et trois dates de naissance différentes, il a fait l’objet d’une OQTF, est frappé d’une interdiction de territoire, accusé d’escroquerie à l’aide sociale à l’enfance… et dont je ne désespère pas de régulariser la situation. Parfois c’est difficile, décourageant … et je pense à vous et à la multitude que vous avez aidé et cela m’aide à aller de l’avant. C’est cette magnifique valeur d’exemple que je retiens de mon séjour parmi vous, et de cela, je vous remercie tous. »