Les médias tâchés de semer la confusion sur le contenu du projet de loi « Asile et immigration »

Les médias tâchés de semer la confusion sur le contenu du projet de loi « Asile et immigration »

Vous avez certainement entendu parler du rapport d’Aurélien Taché sur l’intégration des immigrés. Ce beau rapport, dans lequel on parle de 400 heures de cours de français, de faciliter l’accès à l’emploi et au logement pour les demandeurs d’asile, et même d’un crédit d’impôt pour ceux qui hébergent les réfugiés ! On aimerait y croire. C’est splendide, c’est social, c’est progressiste.

Or, ce n’est qu’un rapport parlementaire, c’est-à-dire un joli PDF avec plein de belles mesures dedans. Ça n’a aucune force de loi ou de règlement, c’est seulement remis au gouvernement concomitamment à la présentation de la loi Asile et Immigration en conseil des ministres. C’est-à-dire alors que le projet de loi a déjà été écrit.

Voilà comment, après s’être fait inviter à la matinale de France inter, sur le figaro talk, sur France 2… ce magnifique rapport chasse l’actualité relative au projet de loi Asile et Immigration et aux vives critiques qui l’accompagnent, notamment la grève de l’OFPRA et de la CNDA qui se poursuit. Car le véritable projet de loi Asile et Immigration, celui qui a été présenté le 21 février est dépourvu de mesure relative à l’intégration.

Porté par Gérard Collomb, ce projet de loi aura pour conséquence directe de diminuer l’accès des personnes à la demande d’asile. Celui-ci prévoit des mesures répressives pour les demandeurs d’asile réduisant les délais de recours, augmentant le temps maximal de détention des personnes, créant un délit de franchissement de frontière punissable d’un an d’emprisonnement, etc. (voir le rapport de la Cimade expliquant les principaux points de ce projet de loi).

Évidemment, toutes les associations d’aide aux migrants, le défenseur des droits, des membres de l’OFPRA et de la CNDA, un membre du Conseil d’Etat et même quelques marcheurs se sont opposés à ce projet de loi.

Emprisonner jusqu’à 3 mois des personnes qui n’ont commis aucun délit, réduire le délai de recours pour empêcher des personnes vulnérables, souvent traumatisées, rarement francophones, d’accéder à leurs droits, expédier l’examen de leur demande en quelques minutes, ce n’est pas ce qu’on avait compris du volet « rendre effectif le droit d’asile » et en réalité c’est strictement le contraire.

Louis Aliot, vice-président du FN, soutient la politique de Gérard Collomb

C’est pourquoi, 3 jours avant la présentation de ce projet de loi en conseil des ministres, Monsieur Aurélien Taché arrive sur tous les plateaux pour nous expliquer le contenu de son joli rapport parlementaire, qui n’a, rappelons-le encore une fois, vraiment aucun rapport avec le véritable projet de loi.

Voici la botte secrète de la communication gouvernementale : la confusion. Ainsi, dans la tête de l’auditeur moyen, cette loi Asile et Immigration a un côté répressif et en même temps un coté social. Or le coté répressif sera présenté au parlement et sans doute voté par la majorité tandis que les propositions ambitieuses socialement présentes dans le rapport de M. Taché finiront dans la même poubelle que les promesses progressistes du candidat macron.

Le président à peine élu continue d’énoncer ses principes humanistes sur Twitter.

Car rappelez-vous, notre cher président, Emmanuel Macron, avait mené sa campagne électorale sur le progressisme sociétal afin de s’opposer clairement avec la ligne du Front National, notamment sur le sujet de l’accueil des demandeurs d’asile. Alors quand il propose un projet de loi soutenu par la droite extrême, il joue sur l’effet d’annonce d’un rapport sans conséquence pour laisser planer une odeur de progrès social dans l’opinion.